BOUGE LA TERRE

21 avril 2017

13-Tahiti nous voilà

Classé dans : — José-Maurice BELLEDÂME @ 10 h 14 min

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21/04/2017

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Chapitre 13

Tahiti nous voilà !

Tahiti nous voilà

 

 

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___Tout ce qui est pensé sera un jour vécu ! S’il n’en était pas ainsi c’est qu’immanquablement le signe de l’interdit rôderait quelque part à l’intérieur de nos âmes fragilisées par le totalitarisme : « Non ! Les fantômes ça n’existe pas ! » Avec les affirmations suivantes la liberté de penser reprend tout son sens, constatez par vous-même :

« Dans un futur plus ou moins proche, les êtres humains communiqueront avec les défunts et autres entités désincarnées ou non-incarnées de l’au-delà via une technologie associant petitesse, puissance, rapidité et surtout énergie libre… Cette science ancienne, ou science de l’esprit, nous permettra, entre autres, de déplacer les étoiles et leur cortège de planètes au plus près des centres galactiques afin de les revigorer… »

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___Imaginez les réactions de la communauté scientifique à la suite de l’évocation de ce qui précède :

— Comment ?
— Pardon ?
— Je rêve ou quoi ?
— Énergie libre ?!
— Ai-je bien entendu ?
— Énergie libre ?!
— Mais vous êtes fou mon pauvre ami…
— Ou ma pauvre amie, car c’est bien connu, la folie n’a pas de genre
— Vous n’y pensez pas !
— Quelle horreur !
— Quelle infamie !
— Quelle indignation morale !
— Quelle ignominieuse conception de la force de travail !
— Monde sans autorité !
— C’est honteux d’oser exprimer sans vergogne des pensées d’un autre temps !
— Je demande la mise à l’index immédiat de votre pensée progressiste !
— Ô État providentiel sauve-nous de l’esprit d’amitié qui s’insinue inexorablement…
— …dans les interstices encéphaliques des systèmes sociaux et moraux…
— …des peuples d’ici et d’ailleurs…
— …et de moins en moins enclin à suivre à notre volonté de domination !

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___Dire que les peuples croient dure comme fer que leur « science » est LA véritable science… Alors qu’elle n’est que la science des choses corporelles…

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___ATTENTION pas d’amalgame, tous et toutes les scientifiques ne sont pas insensibles à la science de l’esprit…

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« L’infini est l’aspect holistique de la matière, c’est le fait qu’elle soit plus que la sommes de ses parties. Cette science ancienne, ou science de l’esprit, aura une grande incidence sur notre destin mais ne nous permettra pas d’approcher le divin (Dieu) autrement que par la foi*. »

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*__Les lumières, de ce fameux siècle des lumières, ne sont pas très appréciées par le cléricalisme, il paraît qu’elles auraient démystifié la vie d’ici-bas, plus ou moins renié (selon les tempéraments) celle d’en-haut et seraient même à l’origine de la désertification des églises. Rien que ça !
___N’oublions pas que, la liberté de conscience n’existait pas, le peuple étouffait littéralement sous le poids de l’interdit devenu une véritable camisole de force pour l’esprit, l’âme et le corps. À croire qu’on voulait empêcher les êtres humains d’être des êtres humains ! Curieux comme démarche spirituelle, vous ne trouvez pas ?
___Puis tout a basculé avec la Révolution française ! Il faut dire qu’à l’époque le clergé et la noblesse ne se privaient pas alors que d’autres mouraient d’une faim :

— Votre comportement frôle l’hérésie Madame la duchesse !
— Mais ce ne sont que quelques pâtes Monsieur le Grand Ordonnateur de la foi…
— Des pâtes oui, mais affriolées d’une sauce goûteuse et succulente…
— Oui Monsieur le Grand Ordonnateur de la foi…
— Il ne faudrait pas que les plaisirs d’ici-bas vous fassent oublier les devoirs qui vous incombent et surtout la sainteté des choses de là-haut…
— Vous en reprendrez bien une assiette Monsieur le Grand Ordonnateur ?
— Avec grand plaisir Monsieur le duc

___Il est utile d’ajouter que l’inquisition est à la religion ce que la zététique est déjà à la science dogmatique qui s’annonce : « Non ! Les fantômes ça n’existe pas !! La preuve, ils ne se laissent pas mesurer… » Il n’est pas possible de diviser le monde entre ce qui existe et ce qui n’existe pas sans casser des eux… La dictature du positivisme (qui n’est pas de la science positive) est là !

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___La science ancienne est la connaissance de la réalité des choses telles qu’elles sont, et non pas telle qu’on voudrait qu’elles soient ! Si un obstacle empêche la pensée de s’exprimer, certains(es) se révoltent (rébellion), d’autres le contournent (statu quo), passent par dessus (au delà), par dessous (en deçà) ou à travers (transcendant), comme le dit le proverbe : « Qui ne risque rien n’a rien* ! »

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* Seul le rien a rien, est rien, sait rien et fait rien ! Tout le reste, c’est-à-dire l’ensemble de ce qui constitue le tout, a tout, est tout, sait tout, et fait tout !

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___L’une est visible, la Terre, l’autre est invisible, le Ciel… Leur origine est dans la non-dualité du divin (Dieu)… La Terre vit l’équilibre de la dualité et de l’unité en elle, le Ciel sait Dieu !

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___Lorsque la singularité technologique fera son entrée sur la scène internationale cela aura des conséquences considérables et transformera radicalement le monde. Il serait plus juste de dire qu’il sera totalement redéfini… Pour beaucoup cette époque annoncera la fin de l’humanité ! D’autres au contraire se réjouiront et seront très enthousiastes, rendez-vous compte, l’occasion d’un nouveau départ nous sera offert sur un plateau d’argent !

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___À l’heure où j’écris ces lignes, la science* n’a ni les moyens technologiques (machines) ni les capacités intellectuelles (théories) pour évaluer le paradigme de cette époque ni la date de son apparition.

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* La science mesure toute chose, rien ne lui échappe, excepté la vitesse de l’univers qui n’est toujours pas mesurée et mesurable, ce qui trouble beaucoup nos amis(es) à la conscience raisonnable ! Voyez-vous, pour mesurer la vitesse de l’univers il faudrait s’en éloigner et la comparer avec une référence extérieure, mais il n’y a pas de réalité séparée, le tout est un et indivisible. Pourtant la singularité technologique va considérablement s’éloignée de ce qui fait le réel d’aujourd’hui… En théorie bien sûr puisque par principe le tout est un et indivisible !

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___À la suite de cette singularité et en l’espace d’une génération, 500 millions* d’individus s’élanceront vers ce ciel devenu si proche !

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* La nouveauté, attire toujours le petit nombre, par la suite et parce que telle est la vie, le plus grand nombre lui emboîtera le pas. Mais il y aura toujours des individus indifférents à l’appelle du grand large…

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___Puis les décennies suivantes verront 95% des êtres humains opter pour la vie stellaire, la population terrestre se réduisant de quelques milliards à 500 millions ! « Villages dans l’espace, villages dans les astres » chantait le poète ! Bien entendu, la valeur du nombre « 500 millions » est imaginaire, elle correspond à l’équivalence entre celles et ceux qui sont intéressées et celles et ceux qui ne sont pas intéressées par la nouveauté* quelle qu’elle soit. Le reste de la population, le plus grand nombre, attend de voire…

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* Ainsi les premiers ordinateurs familiaux, les premiers téléphones portables, les premiers robots de compagnie, les premiers voyages spatiaux, les premiers téléchargement de la conscience dans le réseau internet, les premières greffes d’un cerveau à régulation numérisée, la liste est longue, ont su attirer à eux les aventuriers(rières) et amateurs(trices) d’exotisme et de nouveauté.

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___La nouveauté a un prix, il est souvent dissuasif, et pour participer au premier voyage interstellaire aller-retour Terre/Alpha Centauri il faudra débourser pas moins de 1 000 ans d’un salaire minimum brut, soit 17 760 000 € en 2017. Pour le millième voyage le coût passera à environ 12 500 € et le millionième sera l’équivalent d’un billet Lille/Marseille en train ou en avion… Nous seront alors aux alentours de l’année 2152*.

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*__Le saviez-vous, en 1852 le premier dirigeable à hélice et gouvernail fût expérimenté par un français : Henri Giffard. Voyez aujourd’hui l’ampleur des transports aériens et imaginez ce qu’il sera dans un siècle et demi… Alors quand on me parle d’extraterrestres qui auraient des millions d’années d’avance sur nous… Je suis perplexe.
___Selon la science subventionnée, mais non politisée (l’une n’allant pas sans l’autre !), durant environ quatre millions d’années le singe aura répété inlassablement les mêmes gestes avant de devenir, un homo sapiens plus ou moins politisé (en théorie on y croît tous…).
___Cet événement cosmique aurait été inauguré en grande pompe, selon toute vraisemblance, un mardi** vers la quinzième heure de la seconde semaine d’un mois en « R » comme Républicain, rappelez-vous, les oiseaux chantaient joyeusement dans le ciel azuré, et les arbres avaient des intentions plus que minérales. Depuis nous avons énormément progressé !
___Si durant les quatre millions d’années qui viennent, l’humanité devra se coltiner le boulot, les embouteillages, les grèves et autres joyeusetés civilisationnelles… Bonjour l’angoisse ! Mais heureusement (ou malheureusement) pour nous, il y a le transhumanisme

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** Selon un autre mode de calcul cet événement cosmique aurait eu lieu un jeudi. Mais l’homo sapiens étant devenu ce qu’il est, politisé, divisé, exalté, transcendant, extravagant, intransigeant, exponentiel, transactionnel, et surtout intellectuel (heureusement uniquement sur les bords mais dans le fond il reste cool), nos semaines n’ont pas assez de jours pour calculer avec exactitude l’heure de notre intronisation dans le grand concert cosmique des civilisations civilisées d’ici et d’ailleurs !

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___La grande singularité permettra de dépasser le mur de la matière* et de comprendre le concept de la « vitesse normale» de l’univers. Ensuite il ne nous restera plus qu’à faire le grand saut dans l’inconnu…

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* Il y a aussi le mur du son, le mur de Planck et le mur d’Einstein… Ce dernier mur sera découvert lorsqu’il sera prouvé que le peuple et l’élite n’étaient pas deux entités séparées, parce que trop distantes, mais relativement bien entrelacées, parce que si proche l’une de l’autre ! La suite vous la connaissez, la singularité c’est le deuxième écart ! Le premier nous ayant quelque peu éloigné de la nature…

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___Il n’y a pas de réponse à la question : « À quelle vitesse l’univers se précipite-t-il vers son destin ? » C’est comme de demander quelle est la durée du temps et la dimension de l’espace. L’univers n’a pas de vitesse, il coule de source comme disait le poète (encore lui !) :

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« Tel un fleuve son mouvement est lent pour les rapides et rapide pour les lents. »

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___Vraisemblablement l’humanité a une vitesse de la conscience plus ou moins synchronisée avec la vitesse de rotation de la Terre. Faire le tour de l’horloge en 24 heures c’est rapide comparé à certaines espèces* de l’espace (et/ou temps ?) dont la vitesse de la conscience équivaux à mille de nos heures et pour d’autres beaucoup plus. Pour elles nous sommes des éphémères…

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* Je ne connais aucune espèces de l’espace, je préfère vous le dire au cas où. Mais en Science-Fiction on est un peu obligé de faire comme si. Par exemple mon voisin c’est un extraterrestre ! Curieusement à la différence de certaines personnes que je ne nommerais pas** il est très gentil…

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** En France le concept de la liberté d’expression est encore jeune pour nos esprits laïcs encore trop imprégnés de joyeusetés religieuses, il a besoin d’être rodée et de prendre un peu de recule, surtout en politique, alors mieux vaut prendre certaines précaution : « Tais-toi ! Sinon c’est la chute sociale… »

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___Il est bien évident qu’avec une vitesse de la conscience aussi rapide l’univers nous semble d’une extrême lenteur pour ne pas dire faisant du sur place ! Pourtant il bouge… Certaines espèces de l’espace (et/ou temps ?), dont la vitesse de la conscience est extrêmement rapide, affirment qu’il a déjà atteint la transparence* et qu’il a disparu depuis belle lurette…

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* Tel le souffle du vent, la réalité de l’esprit est transparente et invisible… Lorsqu’on meurt on disparaît mais on n’atteint pas encore la transparence, il suffit de voir le grand nombre de vivants dans l’au-delà, cette dimensions surnaturelle de l’âme, pour s’en rendre compte ! La transparence est partout et accompagne toujours l’apparence où qu’elle aille et quoi qu’elle fasse. N’est-il pas écrit quelque part qu’elles sont les deux meilleurs amies du monde, l’une corporelle et l’autre spirituelle…

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___Ainsi l’humanité deviendra un peuple des étoiles. Un de plus !

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___Pour ne pas tomber dans la c… …rie il existe un truc efficace mais redoutable ! Tous les matins, après s’être levé, il suffit de se jeter par terre. Ça fait mal et on se dit : « Il faut absolument que j’arrête d’être c… » Cette pratique oblige à la réflexion, au questionnement, à la remise en cause de notre philosophie de vie et à bien d’autres choses pleines de promesses.

ATTENTION elle n’est efficace qu’à 80% !

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___Il y avait dans l’Organisation, parmi les espions d’outre-Manche, un agent à la réputation non-pas sulfureuse mais sulfurute*

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* Du verbe « sulfuruter » :

— Je sulfurute, tu sulfurutes, il et elle sulfurute, entonnent des individus insomniaques dans un hôtel quelconque sur une planète située en périphérie, c’est-à-dire dans le secteur divergent, de la Voie Lactée…
— Oh !! Ce n’est pas un peu fini ce bord…, gronde quelqu’un au sommeil léger ? Il y en a qui aimerait bien dormir, continu-t-il dans un français relativement francophone comparé à celui des anglo-saxons !
— Nous sulfurutons…
— Et en plus vous faites ça à plusieurs, s’offusque-t-il à peu près au bord de l’apoplexie !
— Vous sulfurutez…
— Oh la ! Calmez-vous hein… vilipende-t-il avec rage dedans sa tête. Et faites ça moins fort sinon c’est moi qui vais vous sulfuruter quelque chose quelque part ça ne va pas tarder, ultimatumise-t-il !
— Ils et elles sulfurutent !
— Oh et puis m…! Y’en a marre de cette foutu planète ! Chérie fait les valises on se barre !

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Et voilà ! Encore un macho qui ne fait pas ses valises tout seul… La joie et le bonheur en milieu restreint, il n’y a que ça de vrai…

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___J’imagine que vous avez devinez de qui il s’agissait. Non ? James Cônerire bien sûr ! Vous ne le connaissez pas ?! Pourtant je croyais bien l’avoir déjà évoqué… Pas encore ? Autant pour moi*! Bon passons.

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* Peut-être qu’un jour j’écrirai les mémoires de cet espion des temps plus vieux.

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___Je vous en parle parce qu’il se trouve que ce beau spécimen, dont l’accent est à angle droit, n’était pas un inconnu dans certains milieux dits fermés et même dans d’autres plus ouverts, car je vous le dis, il y avait dans sa voix et surtout dans son regard des choses troublantes, un je ne sais quoi de fascinant qui faisait frémir toutes les dames et pâlir tous les messieurs.

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___Mais je ne vais pas entamer ici un monologue sur cet excentrique anglo-saxon d’origine écossaise (et non pas écho-chaise*), revenons sans plus tarder à la suite de notre aventure totalement science-fictionnellement sérieuse et réaliste contrairement à certaines entreprises imaginaires que je ne nommerais pas afin de rester correct…

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* Une écho-chaise est une chaise économique, c’est pour cela que toutes les personnes aux revenus modestes en ont acheté une, certaines en ont acheté deux et même quelques fois trois, elles ont du coup enrichi l’heureux Maurice Dubanc, l’inventeur de cette indispensable outil à attendre que le temps se passe, seul ou en famille, à la maison ou au camping, le matin, le midi et même le soir, car il a développé le concept en écho-chaise-longue ! Y’en a franchement qui ont de la suite dans les idées, ce n’est pas comme certains(es) que je ne citerais pas…

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___À l’intérieur de l’Elgémerre* Pedro et Joseph discutent de choses et d’autres comme le feraient n’importe quels(les) amis(es) qui se retrouveraient par hasard à l’autre bout du monde (Voir la fin du chapitre 10). De son côté Ernesto prépare une liqueur qu’il leur servira aussitôt, avec cette tranquillité d’esprit reconnaissable entre toutes et que les agents des Services ont su développer au cours de leur carrière, dans des verres adaptés dont la partie inférieure, plus étroite et faisant office de pied, renferme un dispositif ingénieux et astucieux maintenant l’objet de forme ovoïde parallèle à la direction de la pesanteur grâce à un altimètre miniaturisé.

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* J’ai eu des scrupules concernant ce hors-bord qui aura un rôle plus qu’intéressant à jouer dans la suite de l’aventure nautique de nos amis(es) espions. Je me disais, vers le chapitre 22 qu’il serait peut-être plaisant de lui donner un nom, il parait que cela se fait dans la marine. Alors prenant mon courage à deux mains j’ai décidé, amis(es) lecteurs et lectrices, de le baptiser : « LGaspard Mer Revient » dit « l’Elgémerre » ou « LGMR » pour les intimes. Merci pour votre patience et votre compréhension.

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___Confortablement assis autour d’une table basse dans la principale et plus grande pièce de l’Elgémerre, les trois hommes discutent de choses et d’autres en sirotant leur liqueur comme le ferait n’importe qui… Le bateau d’Ernesto étant suffisamment grand pour accueillir une dizaine de personnes ils n’étaient pas trop à l’étroit. Avec trois cabines couchettes à l’avant, la douche, les toilettes et le coin cuisine, il n’avait rien à envier aux yachts des différents acteurs(trices) du monde de la richesse contemporaine…

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___À l’arrière, deux escaliers discrets permettent d’accéder, à la salle des machines sous la ligne de flottaison et au poste de pilotage au dessus de la pièce principale. Le tableau de bord de l’Elgémerre ressemble comme deux gouttes d’eau à celui du Concorde, la navigation assistée par ordinateur en plus ! La comparaison avec le concorde s’arrête là car question vitesse, l’avion de ligne supersonique franco-britannique fait figure d’escargot à côté du bateau d’Ernesto…

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___La salle des machines de l’Elgémerre n’est pas bien grande, mais cela n’est pas grave car le propulseur à effervescence atomique* n’a pas besoin de beaucoup de place ! Ce système de propulsion est très ingénieux, il fallait y penser et procure aux véhicules qui en sont dotés (généralement ceux des Services) une vitesse plus que rapide. Certains diront « ovniesque », vous verrez bientôt.

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___Grâce à un procédé des plus banals, la proportionnalité entre la polarisation de la coque et l’accélération ou à la décélération de l’engin (les deux ne se faisant jamais en même temps sinon boum) demeure invariable. Cela permet une adhérence constante avec la surface de l’eau, évitant du même coup toute envolée (ou vole plané) qui immanquablement enverrait le bateau dans le décor et le désintégrerait, et à cette vitesse ça ne pardonne pas !

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*__Le « propulseur à effervescence atomique » à été mis au point par un amateur de Science-fiction qui travaillait dans une usine de moteur électrique appartenant à un consortium dont l’Organisation tirait avantageusement toutes les ficelles, même les plus petites… Un jour, alors qu’un énième mal de tête, dû à l’effort soutenu pour comprendre tout le potentiel de la mécanique quantique, lui taraudait la conscience, il avait pris une aspirine effervescente réputée capable de calmer le phénomène acoustique qui résonnait dans sa boite crânienne.
___Euréka a-t-il crié, alors qu’il était plongé dans un bain d’eau tiède pour se détendre tout en devisant sur le court de l’or de la bourse mondiale, l’effervescence du comprimé avait eu raison, là où lui, avait eu tort.
___C’était bien du côté du « frétillement quantique » que se planquait la solution, chose qu’il avait envisagé, mais son professeur en propulsion mécanique lui conseilla plutôt de chercher du côté de la « réaction méta-relative » dont l’une des théories avait démontré avec succès qu’un effondrement de la matière subatomique pouvait engendrer une poussée inversement proportionnelle dans le sens opposé.
___Bonne intuition car le dit « effondrement » avait été testé l’année suivante sur des véhicules de petite taille que l’Organisation utilise pour se déplacer dans les tunnels souterrains accompagnés d’une petite poussée gazeuse pour motiver l’augmentation de la vitesse.
___C’est le fameux « Pchit !** » que produit cet effondrement d’un côté de la navette alors que de l’autre il n’y a rien pour l’empêcher d’avancer, ce qui lui procure une vitesse plus que rapide. Et par le plus grand des hasards personne, à la surface, ne fut mis au courant et notre amateur de bain tiède découvrit avec exaltation les joies et le bonheur de vivre dans le secret…

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**__Vers la fin du Chapitre 7 : Que ma joie demeure j’écrivais ceci : « La propulsion de la navette est ingénieuse mais je préfère ne pas vous l’exposer car j’ai peur de vous ennuyer et préfère directement reprendre le cours de la narration à la sortie du métro « La belle joyeuse » face au bâtiment des services secrets russe. »
___Vraisemblablement je ne voulais pas vous décrire cette extravagante avancée de la technologie humaine, mais que voulez-vous, on ne fait pas toujours ce que l’on veut.

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___Le breuvage qu’ils sirotent leur procure beaucoup joie et comme par hasard il se nomme le « Joyeux » ! La vie est bien faite quand même, il y a des jours je me demande si ce n’est pas fait exprès ! Cette boisson aromatisée est une liqueur que les agents des Services ont eu l’agréable autorisation de pouvoir consommer gratuitement (mais surtout avec modération, c’est écrit sur l’étiquette), car un dénommé Prosper de Domrémy en est le propriétaire et qu’il est bien placé dans la hiérarchie* de l’Organisation.

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* Vu l’ampleur et l’espace que prend cette histoire dans l’Organisation (?!) de nos connexions neuronales, il serait intéressant de dire deux ou trois mots sur cette mystérieuse hiérarchie. Tous et toutes, je dis bien tous et toutes, et je parle aussi bien des hauts(es) placés(es) que de celles et ceux qui exécutent les ordres sans rechigner, je le répète donc, tous et toutes sont absolument sûrs que cette hiérarchie n’a pas d’autre raison d’être que de faire circuler l’information à l’intérieur de l’Organisation, que ce soit de haut en bas, de droite à gauche, d’hier à demain ou du visible à l’incroyable, voir, de l’inconstance aux circonstances ! Fallait le dire, voilà qui est fait. Je vous remercie tous et toutes pour la confiance que vous témoignez envers ma personne…

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___Une rasade de « Joyeux » est resservie aux trois plaisanciers. Joseph sirote en regardant par le hublot les bateaux s’éloigner vers le grand large.

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— Qu’est-ce qui ne va pas, demande Pedro en voyant l’air mélancolique de son ami ?
— J’ai toujours été ému par les bateaux quittant le port. Vont-ils revenir ? Ça doit venir de mon enfance, car voyez-vous elle a été pour moi une excellente expérience de joie maîtrisée.
— Pourquoi, t’as vécu dans une ville portuaire, demande Ernesto ?
— Non je suis parisien de souche. 
— Tu sais Joseph, dit avec douceur l’espion venu de France, « un bateau qui s’en va, ce sont des choses qui arrivent1 ».
— Je sais tout cela, je sais, dit Joseph qui aimait beaucoup les panthères roses2, mais c’est plus fort que moi. J’ai l’émotionnel qui gigote du falzar…
— À part ça, j’imagine que t’es venu avec ta petite famille ?
— Bien sûr, Bérénice est encore à l’hôtel avec les enfants, on avait prévu une petite sortie en mer pour faire le tour de la baie, mais ces c… de loueurs de bateau de m… font des tarifs hors de prix. Ça me met en rage tu ne peux pas savoir.
— Si je sais, répond Pedro avec de la tendresse dans le regard et ajoute sans calcul, tu comptes faire quoi, chercher un autre moyen de navigation ?

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___Au moment où Pedro prononça cette phrase il sut ce vers quoi la cogitation de l’ami Joseph allait s’orienter. Et à la manière dont il avait terminé cette même phrase, la cogitation en question sauta sur l’occasion et dit :

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— Si ça ce trouve ça te ferait plaisir de rendre service à un ami et à sa petite famille dans le désœuvrement, eux qui t’ont tant aidé de par le passé.

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___Quand le sujet de la conversation concerne sa femme et ses gosses, il n’a plus de limite ni d’amour propre l’ami Joseph. Pedro se tourne l’air de rien vers Ernesto qui dit :

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— Il paraît qu’il y a de superbe plage à Tahiti.
— Parce que vous allez à Tahiti ?!
— Eh oui, sourit Ernesto…
— Ça tombe bien, je n’y suis jamais allé* et je crois bien que Bérénice non plus, puis sans laisser au temps la possibilité de défaire son effet il renchérit, il y en a qui en ont de la chance…

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*__J’aurai pu écrire « je n’y ai jamais été » étant donné la période estivale à laquelle se réfère le calendrier de cette première partie de l’histoire, mais je ne l’ai pas fait ! Il me semble que dans la prononciation « je n’y suis jamais allé » la sonorité des mots et la motorisation des sons ont les mêmes caractéristiques que les choses de la marine, et comme le chantent les marins, ainsi que certains(es) adeptes de l’hydrogéologie : « Ça coule de source et utilise aussi bien le moteur que le vent ! » Vous comprenez maintenant les raisons pour lesquelles je n’ai pas hésité une seconde à employer ce phrasé.
___Mais bon, comme le dit le poète, ainsi que certains(es) éditorialistes : « Tout ça, ce ne sont que des licences artistiques, des enluminures littéraires, des effets de styles (bien inutiles quand l’intrigue tient la route) et des détails grammaticaux sans grands intérêts, alors ATTENTION, car à trop exprimer les coquetteries de son âme, on en oubli facilement la grandeur de son verbe ! »
___Chose que je ne me permettrais jamais pour la simple et bonne raison que je vous respecte, amis(es) lecteurs et lectrices, mais aussi parce que cela ne se fait pas !
___En passant, pendant que j’y suis, je vous rappelle que vous lisez une œuvre de pure fiction dont la science est réelle, la moralité respectable et les probabilités, bien que mystérieuses, n’évoquent jamais (ou rarement) l’équivoque…
___Autre chose, demain il risque de pleuvoir, vous voilà donc avertis ! Elle n’est pas belle la vie…

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— Oui c’est vrai, répond Pedro, surtout qu’on y va pour faire de la plonger.
— Génial je suis un amoureux de la plonger sous-marine.
— Tu peux venir si la chose t’inspire, avec Bérénice et les enfants bien sûr, ils seront contents… Par contre, on part dans une heure !
— Nous sommes là dans une demi-heure, assure joseph en se levant, l’hôtel est à côté, j’ai même une petite bouteille de « Brutal* », vous m’en direz des nouvelles.
— Ok l’ami à tout de suite.

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* Je vous rappelle que l’alcool ainsi que certaines boissons chimiquement douteuses, sont comme les informations des agences de presse, cela crée de l’accoutumance et peut mener dans le meilleur des cas à des convictions toutes faites ! Alors prudence…

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___Il était à peine 7 heures 39 minutes et 28 secondes (hl), huit heures moins vingt pour être exact. Ce qui pour un esthète est totalement anachronique !

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— Il faut combien de temps pour aller à Tahiti avec ce rafiot, demande Pedro ?
— 4 heures*, répond Ernesto, sûr de lui ! À vitesse moyenne bien entendu…

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* À vole d’oiseau, c’est-à-dire en suivant un grand cercle faisant le tour de la Terre en passant par Sydney et Papeete, soit environ 40 000 kilomètres, la distance la plus courte à 50 kilomètres près séparant ces deux villes est de 6 100 kilomètres (3,7 fuseaux horaires) et 33 900 kilomètres pour la plus longue (20,3 fuseaux horaires). Ce qui revient, par le chemin le plus court (6 100 km), à faire du 1 500** kilomètres/heure !

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**__Ne vous laissez pas impressionner par les chiffres, ils n’en valent pas la peine ! La preuve, l’autre jour lorsque mon médecin personnel, que je partage avec d’autres clients(es), m’a certifié qu’il ne me restait plus qu’une (pas deux) petite trentaine d’années à vivre, je n’ai pas pleuré…
___Et lorsqu’il m’a encouragé à suivre un régime alimentaire à base de gélules appropriées pouvant ainsi doubler mon espérance de vie, le bonheur et la joie sont revenus d’un coup squatter ma vie intérieure sérieusement malmenée…
___Par contre, et là il a été d’une sévérité inflexible et d’une rigueur à la limite de la psychose, mais sans plus, il m’affirma péremptoirement que les risques pour ma santé mentale seront multipliés par trois si je ne suis pas à la lettre le protocole d’absorption…
___Son regard austère et sa tendresse à fleur de peau m’ont convaincu de faire le bon choix ! Il faut dire que je n’ai pas le caractère adéquat (force psychique ?) pour dire non, surtout en milieu aquatique : « À quoi bon dire non si l’autre veut qu’on dise oui ? »
___Le hasard fera le reste, plaisantait-il en me prescrivant le remède miracle : « Deux pilules matin, midi et soir ! » Et si des symptômes extraordinaires s’invitent à la fête je peux l’appeler entre 8h00 et 17h00 sauf le dimanche et jours fériés. En dehors de ces horaires, un numéro de secours est inscrit au dos du flacon…
___La moralité de mon aventure médicale est telle que l’affirme ce dicton populaire : « Dans la vie il faut choisir, sinon on ne vaut pas mieux qu’une paire de chaussure ! Même de luxe… »

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— Tu me rassures, j’ai cru qu’on allait se traîner…
— Non non tu verras, il est rapide… Même à l’arrêt il fonce, plaisante Ernesto !
— C’est vrai qu’il a de l’allure côté aérodynamisme… Et à plein régime ça donne quoi ?
— J’imagine que ça donne des frisons et de l’exaltation, car tu t’en doute que je ne l’ai jamais poussé jusque là. Tu comprends, c’est quelque peu dangereux… Mais à presque plein régime il faut compter une bonne demi-heure* !

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*__Soit 12 200 kilomètres/heure ! Avec un « propulseur à effervescence atomique » sous le capot il n’y a rien d’extraordinaire.
___Bientôt les êtres humains construiront des véhicules capables de parcourir les plus grandes distances de l’univers en un instant, de traverser la matière (comme la pensée passe de l’irrationnelle le plus ouvert à la rationalité la plus fermée), de passer dans d’autres dimensions comme on change de pièce, et ça, ça ne sera que le début, la suite sera encore plus incroyable, et le final, comme à son habitude, il sera relativement fantaisiste.

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— Presque plein régime ça fait combien ?
— En théorie cela correspond à 80% de la puissance maximale…
— Tu feras gaffe quand même, il y aura des civils à bord…
— Ne t’inquiète pas, je maîtrise…

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___Ernesto regarde au loin à travers la vitre blindé du hublot, il aperçoit Joseph qui s’éloigne, au même moment une mouette s’élance du ponton d’un yacht et passe devant lui, elle a le regard perplexe, la robe brillante à souhait et le vole taquin. C’est dernier temps, la convergence intellectuelle est de plus en plus agissante du côté animal et végétal, par contre chez les êtres humains la divergence intellectuelle se laisse désirée.

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— Bon, reprend-t-il, il est 11h42 à Tahiti*, en partant dans une heure et à raison de 4 heures de voyage nous arriverons aux alentours de 16h30. En fonçant on peut y être pour 13h00 pétantes !

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*__En s’éloignant de Sydney (GMT+10) vers l’Est, Papeete (GMT-10) n’est qu’à 6 119 km soit 3,7 fuseaux horaires par contre vers l’Ouest, elle est à 33 881 km soit 20,3 fuseaux horaires, d’où le décalage horaire de 20 heures.
___Ainsi les douze coups de minuit (00h01) annonçant le 29 juin à Sydney correspondent aux quatre coups de la quatrième heure (04h01) du 28 juin à Papeete.

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— Il serait bien, songe Pedro, que nos amis(es) ne se rendent pas compte de la vitesse « effervescente » de ton engin aquatique. J’ai comme l’impression que ses performances pourraient quelque peu les perturber, si tu vois ce que je veux dire…
— Je vois tout à fait ce que tu veux dire, répond Ernesto quelque peu amusé… Ne t’inquiètes pas, le rassure-t-il, ils ne se rendront compte de rien, tu peux me faire confiance, et ils ne sentiront même pas l’accélération produite par la « propulsion à effervescence atomique ».
— Si tu le dis…
— Mais je le dis, sourit Ernesto, tu verras… Et à la manière d’un bonimenteur il ajoute, sûr de son argumentation, ce rafiot est un petit bijou de technologie, il est plus discret qu’une loi passée une nuit d’été*, plus silencieuse que la brise du matin et plus doux que la caresse du soir, tu sais, celle qui nous plonge dans les bras de Morphée.

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* Il ait des lois qu’on passe le jour en hivers à la vue de tous et de toutes et d’autres qu’on passe l’été entre juillet et août et de préférence la nuit ! C’est ainsi que nos députés, de France et d’ailleurs, dont la loyauté, c’est bien connu, est le reflet exact de l’âme débonnaire du peuple, ont su se démarquer du crime Organisé mondial et non-imposé… Merci patron !

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— Mais s’ils regardent par les hublots, s’interroge Pedro quelque peu inquiet, ils verront bien que la vitesse est inhabituelle.
— Non aucune chance… Tu sais dans l’océan, quand on n’est pas habité aux choses de la marine, on a l’impression d’être dans une grande baignoire, observe un jour les gens à la plage l’été quand il fait chaud… Et puis il y a le champ magnétique autour de la coque, il crée une sorte de buée, ils prendront ça pour les éclaboussures des vagues se jetant amoureusement sur le fuselage.
— Sur le fuselage… Ça ne fait tellement bateau !
— C’est une métaphore, affirme Ernesto le sourire aux lèvres…
— Tu veux dire une analogie, rectifie Pedro… Puis après un temps, Bon bah on verra.
— C’est tout vu !
— Pendant que tu seras aux commandes de ta fusée aquatique je m’assurerais quand même de les distraire, il y a la télévision ici ?
— Tout le confort moderne, il y a même un pilote automatique, je pourrais ainsi te seconder dans cette délicate affaire de dissimulation.
— Temps mieux, on ne sera pas trop de deux.
— Et puis de toute façon il y a le décalage horaire…

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___Raoul arrive le premier, suivis des enfants et de Bérénice. Ils ont été rapides. En fait la veille ils s’étaient préparé à quitter Sydney pour une autre ville côtière. L’Australie c’est sympa, surtout à la bonne saison, et en dehors des kangourous et du désert, il y a l’excellence : les bases américaines ! Elles ont beau être secrètes, elles n’en sont pas moins chatoyantes…

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___Nous sommes le 29 juin il est 8h00 passées (hl) à Sydney et 0h00 (hl) à Paris ! À Papeete (hl) il est 12h00 et c’est encore le 28 juin*.

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* Dans deux siècles on va se marrer avec les voyages spatiaux !

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___Tout ce petit monde a prit place à l’intérieur de l’Elgémerre, Ernesto s’occupe de sortir du port tranquillement, pendant ce temps Bérénice et Joseph remercie Pedro pour le voyage. Ils ont réglés la note de l’hôtel, et les enfants sont heureux, donc tout va pour le mieux dans le meilleur des bateaux…

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___Comme la chose vient d’être expliquée, en pleine mer on ne se rend pas compte de la vitesse produite par le « propulseur » car il diffuse autour du bateau un magnétisme qui sépare la coque de l’élément liquide. Pendant que le pilote automatique gère le bon déroulement du déplacement aquatique de l’engin supersonique, Ernesto, qui en avait autant dans le ciboulot qu’un lauréat au Concours Lépine propose d’écouter l’émission de Marcel Cailloux, diffusée en direct le soir du 22 juin vers 21 heures, c’est-à-dire la veille vers 9 heures du matin pour Tahiti, mais une semaine auparavant*, par rapport à ce jour…

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* Vivement les voyages spatiaux, c’est moi qui vous le dis !

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___Il se connecte sur le site de « l’émission qui dévoile les secrets les mieux cachés » et le spectacle de la libre information entame son processus d’éveil collectif dans ce groupe qui n’en croyait pas ses oreilles.

— C’est fou, dit Joseph.
— C’est vrai que c’est fou, dit Bérénice.
— Ils sont fous ces animateurs, rigole Ernesto.
— Dire que c’est vrai, dit Pedro, c’est à en devenir fou.
— Ha, ha, ha, ha, font les enfants voyant les adultes prendre conscience de l’ampleur de l’événement cosmique.
— Il est complètement fou cet animateur, constate Joseph.
— Je dirais qu’il est excessivement professionnel, approuve Pedro.
— Et le scientifique, remarque Ernesto, regardez-le, il commence à être subjugué par ces propres révélations.

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___Pendant que la folie ambiante monte crescendo, la « propulsion effervescente » fait de même, et c’est avec l’étonnement collectif de celles et ceux qui ne sont pas dans le secret qu’un « Ting Ding Dong ! » suffisamment fort suivie d’une voix mélodieuse annonce avec douceur mais autorité :

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« Bienvenu à Tahiti au port de Papeete !
En cette belle journée du 28 juin, il est 13h15 (hl),
le ciel est bleu, le soleil brille, il fait 31° à l’ombre,
les oiseaux chantent et les touristes sont complètement
à l’Ouest, c’est un comble… Terminus tout le monde descend !
Et surtout bon séjour… » 

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— Ça été rapide, dit Joseph !
— Normal avec le décalage horaire on remonte pour ainsi dire le temps, répond Ernesto !
— Ah bah je comprends mieux…

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___Tahiti à deux parties reliées par un isthme, la plus grande ressemble à un hexagone pratiquement carré et la petite à un rectangle qui se serait attaché à un angle de la plus grande. Dans l’alignement, Moorea « l’île sœur » de Tahiti, d’apparence triangulaire, est située à 17 kilomètres au nord-ouest. Vu du ciel le couple de Moorea et Tahiti ressemblent à un œil, mais ce n’est qu’un point de vue personnel, d’autres y voient deux îles du Pacifique, comme quoi tous le monde n’a pas la même vision de la réalité !

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___L’environnement océanique de Tahiti rappelle beaucoup celui de la Corse, quoi que l’élément liquide de la mer Méditerranée n’ait rien à envier avec celui de l’océan de la côte Ouest du continent Américain. Dans une telle familiarité territoriale nos amis(es) n’avaient pas à se faire de soucis, même si le « bruit » reçu par Pedro et venant de Lee You Man lui disait :

« Il y a du nouveau concernant l’évolution psychique de « Grand Nombre ». Il a découvert les extravagances du « bidule » et souhaiterait entrer en contact avec lui. Il dit avoir reconnu dans cette entité des accointances avec ses propres extensions cognitives. L’analyse des échanges qu’ils ont eu ensembles nous laisse subodorer qu’une liaison sentimentale pourrait faire partie de la suite des événements. »

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___« Il ne manquait plus que ça », pensa Pedro. Après avoir informé Ernesto du contenu du « bruit », les deux espions descendirent du hors-bord à la suite de la tribu Raoulesque. Il faisait beau, les oiseaux chantaient dans les palmiers exaltés et les touristes marchaient sous leurs ombrages verdoyant car la chaleur était au rendez-vous.

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— C’est quand même beau Tahiti, constate Joseph.
— Oui c’est vrai mais il fait plus chaud qu’en Corse, affirme Bérénice !
— Ha, ha, ha, ha… font les enfants qui n’ont pas encore conscience qu’un jour ils ressembleront plus ou moins dans le fond et peut-être aussi dans la forme, à leurs parents…
— Bon dit Pedro, je connais un petit hôtel plus que sympathique pour nous héberger, je viens de les appeler, ils ont ce qu’il nous faut, mais avant d’y aller je vous propose une petite pose gastronomique.
— Ouais ! Approuve en cœur tout le monde…

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___La terrasse du « Cosmonaute des Andes » dit « L’Andalou Cosmique » était peu encombrée pour la saison. Ils s’y installent sans exubérance avec la discrétion en moins. Un serveur à l’allure estivalienne leur propose le menu qu’ils acceptent. Après avoir fait le tour des plats exotiques, ils se décident enfin pour une poêlée de champignons à la grecque façon maltaise revue et adaptée aux goûts tahitiens pour être raccord avec les valeurs culinaires de l’île, et pour exalter l’appétit ils prennent une portion pour sept de frites californiennes. Les meilleurs du monde paraît-il. Ernesto qui à beaucoup fréquenté la Belgique dans son enfance croit, bien au contraire, qu’il n’est pas né le cuistot qui pourra rivaliser avec les inventeurs* de ce plat à base de pommes de terre carrées plus ou moins longues, épaisses et cuites dans une huile plus ou moins l’huileuse.

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* La question des origines « officielle » de la frite n’a pas encore été tranchée par les historiens ! Et pourquoi pas les Aztèques, qui serait paraît-il à l’origine du fameux steak Frite ?

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___Pour le dessert les enfants prendront une glace parfumées aux arômes locaux tandis que les adultes se divertiront le regard avec un « Rigolo Tahitien », c’est un digestif qui ferait croire à n’importe qui, que : « La vie a beau être belle, elle n’en est pas moins agréable ! » Vu les actualités du moment, il est très apprécié.

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___Le métro de Tahiti* est rustique et bien aéré ce qui est plus qu’agréable étant donné la grande chaleur des tropiques de ces derniers temps. L’avantage des hôtels c’est qu’ils sont souvent situés aux abords d’une station de métro, et il n’est pas rare de constater une ressemblance patronymique entre eux.

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* En Science-Fiction la normalité est fantaisiste et fantasque, voire fantastique… La décrire est pour certains(es) un devoir moral ! Je ne m’aventurerais pas dans un discours sur le sacerdoce, mais il est vrai qu’en France nous avons l’exception culturelle. Nous aurions bien tort de nous en priver. Voilà pourquoi je ne déroge pas à la coutume qui consiste en fait à décorer le réel d’un imaginaire relativement normal et raisonnablement conforme à l’ensemble de nos préjugés…

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___Tahiti ne faisait pas exception à cette règle que les guides touristiques avaient su exploiter et lobbyiser afin que les différents promoteurs immobiliers et hôteliers de la planète se mettent à la page. En sortant de la station la « Joyeuse Tahitienne » nos amis(es) purent constater la véracité de la chose. Ils pénétrèrent sans hâte dans l’hôtel du « Joyeux Tahitien ». Le hall d’entrée était exotique pour ne pas dire tropicale. Un homme serviable, assit derrière un guichet, sourit en les voyant entrer. Ils se précipitèrent sans hâte vers lui…

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___Après avoir expédiées les formalités d’usages, Pedro et Ernesto donnent congé à la Raoul’s family et retournent au port. Il est 14h58. Dans un parc près du quai, une tahitienne des plus secrètes attendait patiemment assise sur un banc en regardant l’horizon. Sa méditation était profonde. À ses côtés un chien prénommé Mastoc était dans une posture psychique identique, cela était sans doute dû aux fonctions peu officielles de sa maîtresse qui, désormais, n’avait plus beaucoup d’autorité sur ce représentant de l’espèce canine. Lui, absorbée* par le magnifique paysage, regardait cette même ligne courbe avec semble-t-il beaucoup d’intérêt, dû sans doute à la rotondité** de la planète Terre…

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* Actuellement je ne saurais dire si le caractère exacerbé de cet animal à quatre pattes était dû aux fonctions de sa maîtresse ou simplement aux changements climatiques et psychiques que subissaient la Terre et ses habitants en raison du déplacement du système solaire au plus près du centre de la Voie Lactée (voir le chapitre 5 : Retour à la maison). Une chose est sûre, il ne portait pas encore de chaussure !

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** Vraisemblablement !

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___Pedro et Ernesto connaissaient bien cette femme, elle se nommait « Tatiana Iti » mais tout le monde l’appelait « Tata Iti » il faut préciser que question hauteur* elle n’était pas bien grande… Ses intimes l’appelaient « Tati » et nos deux espions étaient de ceux-là !

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* Tahiti est constituée de deux parties, Tahiti Nui (la Grande Tahiti) et la presqu’île Taiarapu ou Tahiti Iti (la Petite Tahiti).

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___Il y a de cela quelques années, à l’époque où les conflits internes (schisme) mettaient l’idéologie de l’Organisation en péril, une restructuration de la dernière chance a été mise en place et fut un succès.

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___Il est bien connu qu’une Alliance* reposant sur des idéaux élevés est destinée à reconsidérer à plus ou moins brève échéance l’éventualité d’une redéfinition de ses ambitions, dû, il va de soit, à la mauvaise volonté de certains de ses membres (les ingrats…), chose que l’Organisation ne pouvait pas se permettre de laisser faire…

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* Dans le chapitre 11 : La maison humanité, il est question de créer une Alliance pour lutter contre Grand Nombre afin de se prémunir de la numérisation des consciences qu’il souhaitera mettre en avant dans sa politique de restructuration de la vie terrestre… C’est bien connu, le pouvoir s’arrange toujours pour créer un contre-pouvoir afin de garder la mainmise sur les événements, les pensées et diverses autres choses… Ainsi certains(es) dénonceront un complot universel, mondialiste et totalitaire alors que d’autres affirmeront le contraire ! Elle n’est pas belle la vie ?

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___Les recommandations pour régler ce genre de désagréments sont claires : une bonne promotion n’a jamais fait de mal à personne et a l’avantage de remettre les idées en place, ou pour être plus laconique, une promotion vaut mieux qu’une grosse déflagration, ce qui aurait entraîné sans ménagement notre idéal de vie dans une dualité des plus contradictoires, chose qui n’est jamais bon pour le maintien de l’ordre, de la morale et de la bienséance*.

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* Toutes les personnes fréquentant les instances du pouvoir sont censées pratiquer « l’ordre, la morale et la bienséance » en tout cas la chose leur est formellement recommandée. Cette conception de l’Organisation du monde libre existe depuis un certain temps déjà…

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___Alors qu’elle n’était qu’une simple employée au service d’une République pleine de promesse (la France !), Tatiana Iti eut le suprême honneur de participer au remaniement de l’espionnage mondial, ce qui l’amena pour un temps à faire certaines choses avec toute l’humilité que cela demandait et de rediriger les vilains conspirateurs vers une promotion plus qu’alléchante.

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___Les joies du service commandé étant ce qu’elles sont, elle monta rapidement en grade et se retrouva il y a de cela quelques années, à la tête du secteur Pacifique de l’Organisation, pour ainsi dire une nomination ! L’amitié entre Tatiana et Pedro remonte à cette époque.

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___Les trois protagonistes prennent la direction du centre de Papeete et se dirigent vers un bâtiment qui n’avait pas d’enluminure*. Il y avait un écriteau sur lequel on pouvait lire « Chez Tata Iti » et en dessous en petit : « ici on brasse le rire ». Cet établissement était un bistrot qu’elle avait hérité de son père qu’il tenait de son père… On pouvait aussi s’y restaurer car le rire y était brassé avec une grande décontraction.

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* Généralement** les bâtiments des services secret de tous pays sont enluminés d’enluminures afin d’être repérables de loin, de fondre dans le décors joyeusement folklorique de l’humanité d’aujourd’hui et de distraire les touristes et autres voyageurs qui chercheraient à se distinguer en regardant les façades alentours, voir le quatrième paragraphe à partir du bas du chapitre 7 : Que ma joie demeure.

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** Et non-pas général allemand ! Généralement les gens à la pensée relativement divergente confondent le mot « généralement » avec l’expression militaire « général allemand ». Les gens se trompent toujours ! C’est fou ! Ils pourraient faire gaffe quand même ! Pour finir on va croire qu’ils le font exprès…

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___À l’intérieur l’atmosphère était chaleureuse, deux ventilateurs suspendus au plafond créaient, telle une brise légère, un courant d’air appréciable pour les tempéraments peu enclins aux chaleurs tropicales. Les tables de deux, quatre, six, voire huit personnes en se serrant un peu, étaient séparées les unes des autres par une floraison verdoyante mais non giboyeuse aux parfums enivrants. On s’y sentait bien. L’établissement, placé à l’angle de deux rues donnait sur une place relativement bien fréquentée, les clients avaient alors tout le loisir d’apprécier par les ouvertures béantes des deux façades la folie douce* qui régnait depuis deux semaines maintenant. De temps en temps la voix d’un perroquet au plumage vivement coloré et prénommé Coco lançait des : « Il est content Coco ! » et des : « Il est où Mastoc ? », et bien d’autres choses encore.

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* Cette folie douce est due, bien entendu, à la divergence intellectuelle que vivaient un nombre de plus en plus grand d’êtres humains de tous horizons mais aussi et peut-être surtout à la convergence intellectuelle que ne manquaient pas d’exprimer l’ensemble des animaux et végétaux de tous horizons ! La grande question que l’on est en droit de se poser est la suivante : « Quel comportement vont adopter nos amis(es?) les minéraux (sauf en cas de lapidation !) de tous horizons ? »

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___En entrant dans ce lieu social, le chien Mastoc se dirigea directement vers son copain à plume qui était bien sagement installé sur l’un de ses perchoirs : « Alors Mastoc, ça va Mastoc ? » dit le volatile, qui reçu pour seul réponse un affectueux : « Wouaf wou wouf ! ». Je vous épargnerais toute retranscription de l’échange animalier qui s’engagea entre eux deux pour vous éviter le trop plein de surréalisme dans lequel la suite de cette histoire va immanquablement nous conduire.

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— Vous avez remarqué l’attitude3 de la population, demande Tata Iti ?
— Comparée à celle de Sydney, répond Ernesto, je dirais qu’ici elle est plus exubérante.
— Je ne dirais pas ça, se permet Pedro, je la devine plus extravagante avec une pincée d’exaltation.
— Oui il y a de ça, approuve Tata Iti, mais je ressens quelque chose de très subtil, un je ne sais quoi qui m’échappe, une sorte de pudeur pleine de mystère.
— Ça ne serait pas de la transcendance, propose Ernesto ?
— Si, si, il y en a, dit Pedro en pleine observation d’un piéton qui traverse la place en saluant de temps en temps un autre piéton, et il ajoute, avec un soupçon de métaphysique dans la démarche et le comportement.
— Oui mais il y a autre chose, reprend Tata Iti, et je suis sûr que ça vient de là haut, pointe-t-elle avec le doigt.
— Je croyais que le « bidule » était sous terre, dit Pedro ?
— Cette montagne n’est qu’un diffuseur d’onde psy, dit la tahitienne…
— Et en ce moment il diffuse comment ?
— Durant le siècle qui vient de s’écouler, nos appareils sont restés relativement calme, excepté pour les périodes de conflits mondiaux généralisés et autres dictatures nationales, mais depuis deux semaines, vous vous en doutez, le relevé des mesures sismiques et électromagnétiques des lieux ont révélé une élévation de la fréquence, ce qui dorénavant empêchent les touristes et surtout la population locale de s’attarder trop longtemps dans le périmètre sous peine de subir les désagréments d’un léger mal de crâne.
— Et ce périmètre il est important ?
— Non, deux à trois kilomètres de rayon, dit Tatiana en regardant la montagne, mais il a une amplitude qui va de 500 mètres le jour à 10 kilomètres la nuit…
— Ah oui quand même, s’étonne Pedro, il doit sûrement être synchronisé avec la rotation de la Terre.
— Ça respire, note Ernesto en faisant un mouvement des mains en suivant le gonflement de sa cage thoracique.
— Comment étaient les relevés durant les conflits, demande Pedro ?
— Ils étaient au plus bas, ce qui laisserait penser que le « bidule » était concentré sur lui-même, mais sans aucune amplitude.
— Ce qui va dans le sens d’une connexion avec les événements cosmiques pour ce qui est des effets actuels, dit Ernesto, et non une volonté délibérée d’agir d’une quelconque manière sur le monde.
— Donc le « bidule » est confronté tout comme nous au gonflement de la Terre et à l’augmentation de la fréquence énergétique du système solaire, renchérit Pedro.
— Il serait bien d’aller y jeter un œil, propose Tatiana, histoire que vous vous fassiez une idée de l’ampleur du phénomène.
— Oui tu as raison, dit Ernesto appuyé par Pedro.
— Bon vous prendrez bien quelque chose avant l’excursion, demande Tata Iti ?
— Moi je me ferais bien un petit sirop, dit Pedro, comment c’est déjà… Ah oui, un « Gyrophare Taïwanais ».
— Et moi une « Galuchette Tahitienne », dit Ernesto.
— Ton sirop, tu le veux avec ou sans glaçon ?
— Avec, s’il te plaît.
— Toi Ernesto j’imagine que c’est à la mexicaine que tu bois ta « Galuchette ».
— Comment t’as deviné ? demande-t-il complice…
— Je vous amène ça tout de suite.

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___Les deux hommes s’asseyent à une table et reprennent l’observation des passants. Tandis que Mastoc essaie de convaincre Coco que dorénavant et pas plus tard que dans pas longtemps, la vie sera à leur avantage : « Mastoc, Mastoc, tu débloques… Wiff, ouaf waouf ! »

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— Il n’y aurait pas de l’effervescence, demande Ernesto en regardant quelqu’un éclater de rire en compagnie d’une autre personne à la sortie du cinéma d’en face ?
— Ah oui, ça c’est flagrant, confirme Pedro, il est balaise ce « bidule » quand même.
— Dire qu’on ne sait rien de lui…
— Il serait là des millions d’années, dit Pedro songeur, nous avec notre Organisation âgée d’un petit millénaire* on ne fait pas le poids.

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* Tous les espions ne sont pas forcément conscients de la longévité de l’Organisation… Certains(es) disent mille ans comme d’autres plus élevés(es) dans la hiérarchie savent que ce serait plutôt plus proche des cent milles ans… Plus on monte en hiérarchie, plus la conscience se rapproche d’un passé si lointain que beaucoup, et pas des plus branquignoles, c’est moi qui vous le dis, sont persuadés(es), à juste titre, qu’il finira bien un jour par se confondre avec le futur ! (voir science ancienne) Généralement (et non général allemand) les gens se disent que le présent mêle justement dans le quotidien de tous les jours les deux extrêmes, de l’axe temporel, que sont le passé et le futur…

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— Tenez les p’tits gars, annonce Tatiana qui s’est servi un « Camionneur », voilà vos cocktails. À la bonne votre et vaille que vaille !

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___Cette très bonne initiative fut aussitôt mise en pratique et sans « Pchit ! »

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28 novembre 2014, 21 avril 2017, à suivre…

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avant__table__après

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1 Cette phrase est de Coluche (Michel Colucci, 1944-1986). Les français, et les francophones, le connaissent bien, il a expliqué à ses contemporains, au début du dernier quart (ou au milieu de la seconde moitié) du XXème siècle, de quelle manière l’Organisation s’occupait bien de nos vies…

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2 « Je sais tout cela, je sais » disait Peter Sellers dans « Quand la panthère rose s’emmêle » d’Edwards Blake - 1976…

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3 Librement inspiré d’une scène (à la 65ème minutes environ) du film de Georges Lautner « Les tontons flingueurs » (1963), dialogue de Michel Audiard :
— [...]
— Il a pourtant l’air honnête.
— Sans être franchement malhonnête, au premier abord, comme ça… il a l’air assez curieux.
— [...]
— Je lui trouve un goût de pomme…
— Y en a !
— [...]

(voir : http://flingueurs.blogspot.fr/)

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